L'escrime est aussi ancienne que les premiers Jeux Olympiques en Grèce, et a depuis toujours existé sous une forme ou une autre. Qu'elle se soit pratiquée lors des jeux du cirque chez les Romains, du jugement de Dieu ou des tournois au Moyen-Age, des duels d'honneur à la Renaissance, ou, depuis l'Empire Napoléonien, comme un sport de salle, elle a toujours été présente dans l'histoire européenne. Son extrême précision et sa très grande vitesse en fait l'incarnation même du sport de combat, et son lien historique avec la chevalerie et les questions d'honneur, l'un des sports les plus nobles - bien que maintenant accessible à tous.

L'escrime est un sport de réflexes et de tactique, où l'agressivité se doit d'être savamment contrôlée par l'anticipation. La concentration et les nerfs y sont mis à rude épreuve, la dépense physique y est intense, et sa pratique régulière, entre combativité et fair-play, confère un 'self-control' à ses adeptes leur étant bien utile - y compris en dehors des pistes de duel.

La France, pour des raisons notamment culturelle, est exceptionnellement forte dans le domaine de l'escrime, et ce, dans chacune de ses trois sous-disciplines : épée, fleuret et sabre. Bien que notre pays soit concurrencé par la Russie, l’Italie et l’Allemagne, l’escrime reste la discipline olympique française la plus médaillée. Chaque année, les escrimeurs de la Société d'Escrime de Lyon remportent plusieurs titres de champion de France, et notre club compte parmi ses membres des champions du monde juniors et cadets.


 
 
L'escrime moderne doit beaucoup à un certain nombre d'inventions capitales, tant sur le plan de la sécurité que de l'arbitrage. La plus significative est sans conteste l'épée électrique, permettant un contrôle électrique des zones touchées par les adversaires. La Société d'Escrime de Lyon est très fière d'avoir compté son inventeur, Paul Valentin, parmi ses membres - et a par hommage, dans les années 70/80, baptisé de son nom son tournoi international junior. Voici ci-dessous les innovations importantes avec leur date d'apparition.
1800 - La Boissière invente le Masque en Fil de Fer
1840 - Le célèbre illusioniste Robert Houdini invente le Plastron Electrique
1936 - Electrification de l'Epée grâce à Paul Valentin, membre de la S.E.LYON
1955 - Electrification du Fleuret
1989 - Electrification du Sabre
L'électrification des armes a été très importante, car en assistant les arbitres pour rendre les contrôles plus fiables, elle a libéré les escrimeurs. La vitesse a pu se développer dans des proportions parfois spectaculaires, et les tactiques ont pu rapidement évoluer.

 
 
Le fleuret a été inventé au milieu du XVIIème siècle par des maîtres d'armes français. Plus légère et plus courte que l'épée de l'époque, la rapière, c'était exclusivement une arme d'entraînement se terminant par un bouton inoffensif - d'où son nom. Elle a révolutionné l'escrime, puisqu'enfin on pouvait s'entraîner sans retenir ses attaques.

C'est avant tout une arme intellectuelle, destinée initialement à travailler le rythme et la finesse du duel : on ne peut toucher que le tronc - ni la tête, ni les membres. Le fleuret étant très léger, les attaques sont très rapides, et l'étroitesse de la zone de touche mène à des échanges de parades et ripostes impressionnants.


 
 
Au Moyen-Age, les épées s'étaient alourdies dans des proportions étonnantes : l'épée à deux mains, avec une poignée de 20cm et une lame allant jusqu'à 1m20, était d'ailleurs plus destinée à briser les membres de l'adversaire que de le mettre élégamment hors d'état de nuire ! Quant à l'épée des tournois, elle était tellement lourde qu'elle devait être attachée sur l'avant-bras.

C'est au XVème siècle, avec l'arrivée de la poudre, que l'épée cessa d'être une arme de guerre pour devenir une arme de duel, la rapière, qui ressemble assez à l'arme que l'on utilise maintenant (mais mouchetée) !

L'épée étant l'arme du duel, on peut toucher tout le corps, y compris le masque. C'est donc avant tout une arme d'instinct. Les escrimeurs doivent cependant faire attention au bras tenant l'épée, qui est la partie du corps la plus vulnérable.


 
 
Au début de l'escrime, le sabre a été défavorisé par les Romains du fait que les coups portés par la pointe (estoc) étaient plus meurtriers que ceux portés par le tranchant (taille), et que le maniement du sabre exposait trop. Cependant, l'arme prit toute sa pertinence une fois pratiquée à cheval, et les Magyars, Hongrois émigrés de l'Oural qui passaient le plus clair de leur temps sur leur monture, en avaient une affection particulière. Ce sont eux qui introduisirent l'arme en Europe, et le sabre devint l'arme de cavalerie standard à partir du XVIIIème.

C'est cependant une version italienne de l'arme, la "sciabola", plus légère et moins courbe, qui devint le sabre sportif et une arme de duel. La principale caractéristique de l'escrime au sabre, outre le fait que les touches au tranchant sont comptées, est que c'est le buste qui doit être visé - reste de la tradition de cavalerie de l'arme.